Signification du terme kata

 

Kata est un terme japonais désignant une forme dans les arts martiaux japonais.

Il s’agit de mouvements codifiés à partir de l’expérience de combattants dont les noms ont été perdus. Les katas sont par la suite devenus des outils de transmission de techniques, mais aussi de principes, de combat.

Étymologie

Formetechnique ancestrale : ici une technique de déviation dans le « aka du point » enbando

Le mot kata a trois sens principaux en japonais. À chaque sens correspond un kanji pouvant être employé pour écrire ce mot :

  • Façon : 方. Ce caractère a les sens de « manière », « orientation », « direction ». Il peut aussi signifier « personne » en style soutenu (kata est plus poli que hito)
  • Forme : 形 étymologiquement « tracer avec le pinceau une ressemblance exacte »
  • Moule : 型 étymologiquement « forme originale faite en terre ». Cet idéogramme a également le sens de trace laissée, forme idéale, loi, habitude.

Dans ses deux dernières graphies, le mot kata évoque donc à la fois l’image d’une forme idéale à reproduire ainsi que la fixation et la transmission de connaissances ayant pour base une gestuelle codifiée.

Remarque : il existe aussi deux autres caractères dont la prononciation japonaise est kata. Mais ceux-ci n’ont pas directement rapport avec les sinogrammes cités plus haut. Il s’agit de 肩 (« épaule ») et 潟 (« lagune, bras de mer »).

Pratique

Le kata se pratique seul ou en groupe. Son étude, dans les arts martiaux comme dans l’art dramatique traditionnel, a pour but le travail de la technique, du kime (puissance)…

Les mouvements exécutés dans les katas seuls peuvent ensuite être mis en applications avec un partenaire. Ces exercices sont appelés bunkaï.

Les katas se retrouvent dans différents arts martiaux japonais comme le judo, le karaté, le kendo ou encore l’aïkido (qui ne s’enseigne quasiment que sous la forme de katas, que ce soit à mains nues ou aux armes), et au théâtre dans le , le kabuki ou encore le bunraku.

Si l’on compare un budo à un langage, alors les kihon sont le vocabulaire de base, les katas sont des phrases toutes faites et les « applications » (bunkai et entraînements à deux types kumite) sont des mises en pratique dans le langage courant.

Dans les arts martiaux, le kata représente un combat réel contre un adversaire, qui éventuellement peut être imaginaire. Étant codifié de manière rigoureuse, il s’effectue sans surprise et permet notamment de travailler en toute sécurité des techniques qui seraient dangereuses en entraînement de combat, ou alors de travailler dans des conditions plus proches de la réalité du combat — conditions potentiellement mortelles, comme les katas de sabre exécutés avec un bokken (sabre en bois). Cette arme, à première vue aussi peu dangereuse qu’un bâton de bois, peut se révéler létale entre des mains expertes.

Le but du kata est double :

  • D’une part faire travailler des gestes, postures… dans des situations données, afin d’avoir un apprentissage « au calme » et plus appliqué que lors d’un combat;
  • D’autre part de faire découvrir des principes fondamentaux des arts martiaux, comme la gestion des distances (ma ai), l’attitude et la gestion de l’équilibre (shisei), la coordination des mouvements…

À l’époque médiévale où les écoles gardaient leurs secrets, les kata étaient une manière codée de transmettre l’enseignement : le travail paraissait banal extérieurement, mais sa répétition permettait aux élèves avancés de découvrir par eux-mêmes les principes cachés et mystiques (mikkyo, transmis au niveau okuden).

Il existe différents types de katas :

  • katas de base (Kyon no kata), préparant aux véritables katas du style ;
  • katas combat (Tatakaou no kata), qui ont pour objectif le travail de la technique pour pouvoir ensuite l’utiliser en combat
  • katas respiratoires (Katsu no kata), qui mettent en avant le travail sur la respiration. Ils ont pour but de « faire circuler les énergies ».
  • katas artistiques (Miseru gata), des exécutions de techniques spectaculaires mettant entre autres en avant la souplesse

Il ne suffit pas de connaître les bunkai d’un kata ; il faut les travailler afin que ces bunkais deviennent de véritables reflexes de combat adaptés à un maximum de situations. La connaissance des “bunkai “ permettra de mieux ressentir et avoir une meilleure conscience du kata.